Màn

by Kim Thuy | Nonfiction |
ISBN: 9782298080513 Global Overview for this book
Registered by wingaméthystewing of Rémelfing, Lorraine France on 2/9/2019
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Journal Entry 1 by wingaméthystewing from Rémelfing, Lorraine France on Saturday, February 09, 2019
4ème de couverture :
Orient-Occident. Saigon-Montréal. C'est le parcours de Màn, une jeune femme que sa mère a voulu protéger en la mariant à un restaurateur vietnamien exilé au Québec. En cuisine, elle réinterprète les recettes que les femmes de son pays chuchotaient à l'oreille de leurs filles comme autant de tours de magie porteurs de mémoire. Un bouillon à la tomate révèle les déchirements d'un peuple, les couleurs d'un dessert traduisent les codes d'une culture et l'art d'émincer le piment vicieux en dit beaucoup sur celui de séduire les hommes...

Journal Entry 2 by wingaméthystewing at Rémelfing, Lorraine France on Friday, April 19, 2019
Lecture très agréable, poétique même, où se côtoient la culture Vietnamienne, les saveurs culinaires, le bonheur de vivre. Un roman autobiographique profond, sensible, porteur d'espoir et d'amour.

Page 32
Elle portait ainsi deux parapluies, l'un en dessous de l'autre, et Phuong, tête nue, marchait trois pas derrière elle. Il n'avait jamais eu le désir de s'abriter sous le même qu'elle parce que, à deux, la pluie aurait pu ternir le lustre des cheveux noie ébène parfaitement lisses de Maman.

Page 38
Certains disent que, aussi longtemps que ce poème de plus de trois mille vers continuera d'exister, aucune guerre ne pourra faire disparaître le Vietnam. C'est peut-être pour cette raison que, depuis plus d'un siècle, même un Vietnamien analphabète peut en réciter des strophes entières. […] Quant à la mère de Maman, elle insistait sur les premiers vers du poème, qui rappellent au lecteur que tout peut changer tout peut basculer en un clin d'œil.

Cent années, le temps d'une vie humaine, champs clos
Où sans merci, Destin et Talent s'affrontent
L'océan gronde là où verdoyaient les mûriers
De ce monde le spectacle vous étreint le cœur
Pourquoi s'étonner ? Rien n'est donné sans contrepartie
Le Ciel bleu souvent s'acharne sur les beautés aux joues roses.

Nguyen Du, vers 1-8, traduction de Nguyen Khac Viên

Page 47
Contrairement à elle, la plupart s'étaient joints à la résistance volontairement. Elle avait honte de n'avoir jamais ressenti le même amour inconditionnel envers ce pays qui était aussi le sien. Elle avait honte de vouloir rester à l'intérieur de ces frontières invisibles parce qu'elle voulait épargner sa famille des soupçons et des accusations de trahison si elle retournait habiter avec eux après avoir vécu sur l'autre rive, chez l'ennemi. Elle y est restée aussi pour elle, pour éviter de vivre. Dans ce village, elle n'avait qu'à suivre.

Page 56
Je ne peux rien demander de plus, car mon nom m'impose cet état de satisfaction et d'assouvissement. Contrairement à la Jeanne de Guy de Maupassant, qui rêvait de saisir tous les bonheurs de la vie à sa sortie du couvent, j'ai grandi sans rêver.

Page 59
Nous ne parlons jamais de la température dans le sud du Vietnam. Nous ne faisons jamais de commentaires, peut-être parce qu'il n'y a pas de saisons, pas de changements, comme dans cette cuisine. Ou peut-être parce que nous acceptons les choses telles qu'elles sont, telles qu'elles nous arrivent, sans jamais questionner le pourquoi ni le comment.

Page 88
Dans ces années-là, on partait sans espérer revenir. On se promettait seulement de ne pas oublier.

Page 105
La vie bouillonnante de cette aventure a déclenché une autre vie, celle qui était finalement venue s'installer dans la chaleur de mon ventre.

Page 115
La nuit, quand nous partagions le même lit, le bruit des larmes de Maman s'échappait parfois du coin de ses paupières fermées. Je retenais alors ma respiration parce que, sans témoin, la tristesse n'existerait peut-être qu'en fantôme.

Page 157
Maman me répétait souvent que, en cas de conflit, il vaut mieux se retirer qu'insulter quelqu'un, même si celui-ci se révèle fautif. Si nous éclaboussons l'autre, nous salissons notre bouche puisque nous devons d'abord la remplir de colère, de sang, de venin. Dès lors, nous cessons d'être belle.

Page 230
Pourtant, à côté du visage de Luc, le mien me ressemblait, comme une évidence. Si j'étais une photographie, Luc serait le révélateur et le fixateur de mon visage, qui n'existait jusqu'à ce jour qu'en négatif.

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