En avant, route !

by Alix de Saint-André | Biographies & Memoirs |
ISBN: 9782298039870 Global Overview for this book
Registered by wingaméthystewing of Rémelfing, Lorraine France on 1/31/2019
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Journal Entry 1 by wingaméthystewing from Rémelfing, Lorraine France on Thursday, January 31, 2019
4ème de couverture :
Alix de Saint-André a pris trois fois la route de Compostelle. La première fois, elle est partie de Saint-Jean-Pied-de-Port, sur le chemin français, avec un sac plein d'idées préconçues, qui se sont envolées une à une, au fil des étapes. La deuxième fois, elle a parcouru le "chemin anglais" depuis La Corogne, lors d'une année sainte mouvementée.
L'ultime voyage fut le vrai voyage, celui que l'on doit faire en partant de chez soi. Des bords de Loire à Saint-Jacques-de-Compostelle, de paysages sublimes en banlieues sinistres, elle a rejoint le peuple des pèlerins qui se retrouvent sur le chemin, libérés de toute identité sociale, pour vivre à 4km/h une aventure humaine pleine de gaité, d'amitié et de surprises.
Sur ces marcheurs de tous pays et toutes convictions, réunis moins par la foi que par les ampoules aux pieds, mais cheminant chacun dans sa quête secrète, Alix de Saint-André, en poursuivant la sienne, empreinte d'une gravité mélancolique, porte, comme à son habitude, un regard à la fois affectueux et espiègle.

Journal Entry 2 by wingaméthystewing at Rémelfing, Lorraine France on Saturday, February 02, 2019
J'aime beaucoup l'humour de ce récit !
Quelques citations au fur et à mesure de ma lecture

Page 25
C'est très allègrant de marcher tôt le matin, et seule. En suivant les flèches jaunes. Et en ouvrant les petites barrières en bois qui séparent les champs, comme si cette campagne espagnole était le vaste salon d'un immense palais en plein air. Ma technique "d'Ave Maria" pour rythmer la marche s'est mise en place sans difficulté, et j'ai l'impression de dérouler de longs phylactères de prières derrière moi, qui flottent en drapeaux blancs aux branches des arbres, comme si j'étais un personnage de fresques. Ou de bandes dessinées.

Page 41
Mes douleurs me réveillent comme si j'avais cent ans de rhumatismes. Mes pieds gonflés m'obligent à les surélever, comme j'ai toujours vu faire ma mère, pliant des polochons sous un coin de matelas. La fatigue physique aide à dormir, dit-on, tu parles ! Moi qui suis championne du monde de sommeil sans faire le moindre sport, je ne ferme plus l'œil. Sauf un peu à l'heure de la sieste.
Et je me sens, comme ma vieille nounou autrefois, désolée de moi, de dormir si mal, une bien grande faute par de si belles nuits.

Page 68-69
Mes prières me valent la bourdonnante compagnie des miens, comme des guêpes autour d'un pot de miel, et je suis contente d'avoir arrêté de fumer, au moins vis-à-vis de ceux qui ont un cancer ; c'était indécent, toute cette tabagie. Et ce serait encore plus indécent de m'y remettre à présent.
Mais il est hors de question de promettre quoi que ce soit à qui que ce soit, en dehors de l'apôtre.
Quand on a fumé au moins trois bureaux de tabac, arrêter flanque un peu le vertige. C'est une aventure étrange. Depuis le lycée, l'une après l'autre, du lever au coucher, mes cigarettes étaient l'air que je respirais, le voile qui me cachait, le feu où je rôtissais mon angoisse, l'ouvrage qui occupait mes mains, le bijou qui décorait mes doigts ; une partie de moi-même.
Je suis dépouillée.

Page 75
Au générique de ce miracle : une douche dans un Algeco, un sandwich au complexe sportif et une demi sieste dans un dortoir en batterie, chaud comme une couveuse, qui traite l'être humain comme un poulet breton.

Page 113
Le chemin leur était devenu comme une sorte de résidence secondaire mobile, inépuisable réserve d'amitié, de paysages, de fatigue partagée et de découvertes… Un lieu d'éternel retour.

Page 136
J'ai raconté que je partais pour Compostelle, que j'y étais déjà allée mais jamais d'ici, et que la spiritualité commençait par les pieds ; ça les a fait sourire. Aussi que j'étais émue parce que mes parents s'étaient mariés dans cette église et que je me trouvais là comme à la racine de ma vie...

Journal Entry 3 by wingaméthystewing at Rémelfing, Lorraine France on Friday, February 08, 2019
Page 141
Je l'ai écrit pour la symétrie, mais j'ai horreur de cet euphémisme hôtelier : "mon père nous a quittés". Comme s'il risquait de revenir, et avait réservé pour la nouvelle saison dans un autre établissement où l'on pourrait lui faire suivre ses valises et son courrier.
Mon père est mort. Je ne m'imaginais pas que je pourrais un jour écrire une phrase aussi simple et aussi terrible que : "Mon père est mort".

Page 231
Quant à ce chemin-là, le nôtre, il le faisait pour les petits mongoliens. Il avait des amis qui avaient un enfant trisomique, et il s'était dit que ce petit ne pourrait jamais faire le chemin. Donc Paco le faisait pour lui et pour tous les petits qui ne pouvaient pas le faire. C'était le vœu qui le fit tenir jusqu'au bout.

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