La grande aventure du Far West

by Tchou | Entertainment | This book has not been rated.
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Registered by wingsouramwing of Genève, Genève Switzerland on 12/15/2018
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Journal Entry 1 by wingsouramwing from Genève, Genève Switzerland on Saturday, December 15, 2018
Un livre, une découverte.

Libération en attendant d'aller chez le figaro des aéroportés, à Cointrin. Il s'agit d'un salon de coiffure en forme de maison de verre dans la galerie marchande. Le temps manquant et les salons étant assaillis à l'approche de Noël, j'ai décidé d'aller tenter ma chance à l'aéroport. Bonne idée. Dans les miroirs, on voit passer les touristes tirant leur bagage à roulettes. Je ne sais pas au juste pour quelle raison mon père allait parfois chez le coiffeur de l'aéroport, dans les années 1970 mais à l'époque le salon de coiffure se trouvait dans l'autre terminal, j'en suis certain. Je me suis soudain remémoré cette époque, d'où mon départ ce matin pour Cointrin.

Journal Entry 2 by wingsouramwing at Rue Sonnex in Le Grand-Saconnex, Genève Switzerland on Saturday, December 15, 2018

Released 3 mos ago (12/15/2018 UTC) at Rue Sonnex in Le Grand-Saconnex, Genève Switzerland

WILD RELEASE NOTES:

Il ne t'est jamais donné de rêve sans le pouvoir de le réaliser. (Richard Bach)

Eh bien, vous avez découvert quelque chose...
Un livre abandonné exprès !
N'ayez pas d'hésitation: donnez votre avis, ou racontez votre découverte, cela nous plaît de savoir ce que deviennent les livres "libérés" ainsi.

mini-marché de Noël près de la poste et de Gardiol auj.

La clochette tinta de nouveau. Pour la trente-et-unième fois au bas mot. Le magasin n’était donc pas vraiment le lieu de repos idéal, songea Roger. Même en demeurant assis sur une chaise dans l’arrière-boutique, il se révélait impossible de ne pas entendre le son métallique à chaque ouverture de la porte vitrée. D’autre part, attendre là… Vue panoramique sur des cartons, un massicot et une lanterne !
Je suis fourbu, mais je ne vais pas camper dans le magasin, se dit Roger. Le temps de me reposer un peu de la fatigue du voyage, et j’irai ailleurs…
- Cela va comme vous voulez Monsieur Gérard ? lança soudain une employée qui avait jailli comme un diable d’une boîte.
- Euh… Je m’appelle Roger, et…
- Roger, excusez-moi, je n’ai pas grand-chose à vous proposer en ce moment.
Roger bafouilla que ce n’était pas grave.
Dehors, l’homme pouvait deviner que la circulation des voitures brillait par sa densité. Quand s’ouvrait la porte s’engouffrait un bruit de véhicules, mélange de vibrations et de bruits de roues évoluant sur une chaussée mouillée.
Roger se remémora les heures qui avaient précédé son entrée dans la boutique.
Il n’avait pas reconnu la gare. Et cette annonce par haut-parleur, Genève-Aéroport, quelle drôle d’histoire ! On allait en train prendre l’avion ou quoi ? Après quoi Roger avait gagné le centre-ville, les Rues-Basses, guidé par sa mémoire visuelle, et il ne s’était pas égaré. La librairie Prior doit être bondée, pensa-t-il. Mais l’enseigne de la rue de la Cité n’existait même plus. « Heureusement, j’ai un livre dans ma valise », se rassura Roger. A propos, la valise avait accompli l’équivalent d’un ou deux tours du monde, mais il la ménageait. Elle supportait bien le vieillissement.
Et après tout ce temps, qui serait encore vivant à Genève ? Roger ressentit soudain une irrépressible envie de téléphoner à tout va pour en avoir le cœur net. Il se leva, avisa la jeune femme qui l’avait appelé par erreur Gérard et lui demanda, tout de go, s’il pouvait téléphoner. S’il y avait un téléphone disponible. Il ne serait pas long, il entendait passer des communications locales, c’était plus simple que d’envoyer des télégrammes.
- Ah, vous avez oublié votre smartphone ?
- ???
Le silence minéral de Roger étonna la jeune femme qui se prénommait Maeva.
- Qu’aurais-je oublié ? Quel mot avez-vous prononcé ? Mon marteau ?
- Attendez, là, vous savez bien ce qu’est un smartphone ?
- Start Von. Startphone. Je ne vois pas de quoi il s’agit. Je désire seulement téléphoner. Vous avez bien un appareil branché quelque part, ou est-ce que je me fourvoie ?
Maeva répondit positivement. Perplexe, elle apporta même un annuaire du téléphone à Roger qui paraissait un peu paumé. L’homme farfouilla minutieusement dans le bottin, nota des numéros, en sélectionna cinq, mais cela lui prit un quart d’heure, non, vingt minutes.
Roger se leva, retourna vers l’employée et lui annonça qu’il voulait contacter cinq personnes, précisant à nouveau que cela ne durerait pas longtemps.
- Bon, allez-y, concéda l’employée après avoir consulté la patronne qui se demandait ce qui se passait.
Roger appela un premier numéro. Ne parvint pas à se faire comprendre. Essaya un deuxième. Personne ne le remettait, c’était peut-être un homonyme. Le troisième de la liste mena Roger à entendre une enfant lui raconter que son papa n’allait pas tarder, mais que… et que… De toute façon ce dernier ne pouvait pas correspondre au lointain souvenir de Roger, au vu du temps écoulé, c’est sa petite-fille qui aurait répondu, non sa fille. Quant au quatrième, il ne parvint pas à identifier Roger, le confondit avec un autre Roger décédé des années plus tôt dans un accident de voiture, de sorte que le Roger survivant trouva agaçant de devoir expliquer au téléphone qu’il n’était pas mort. Comme si cela ne s’entendait pas.
Restait le cinquième numéro genevois.
- Vous avez pu joindre quelqu’un ? lâcha Maeva qui, une nouvelle fois, surgit de nulle part. (Cela prenait l’air d’un tic chez elle. Ses souliers profilés en matériau de synthèse généraient très peu de bruit lors de la marche.)
La réponse apparut dans la presse locale. En page Genève, un article racontait qu’un vieux Genevois avait décidé de revoir sa ville une dernière fois, des dizaines d’années après avoir émigré. Guidé par ses souvenirs, et pourtant désorienté par les changements survenus dans la ville du bout du Léman, Gérard – prénom fictif, précisait la rédactrice – avait quelque peu bataillé au téléphone avant de joindre un ancien copain d’école. Celui-ci l’avait reçu chez lui, mais de surprise, ou à cause de la fatigue du voyage, « Gérard » avait succombé à un malaise tard dans la nuit. Le cœur n’avait pas résisté davantage. L’ami témoignait du fait que leur espèce de Noël anticipé s’était néanmoins bien passé. « Roger a eu le temps de retrouver sa jeunesse, même en seulement quelques heures », commentait celui qui avait décroché le téléphone lors de ce jour providentiel.




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