Le bonobo, Dieu et nous : A la recherche de l'humanisme chez les primates

by Frans De Waal | Science |
ISBN: 2330048564 Global Overview for this book
Registered by wingeljwing of Paris, Ile-de-France France on 2/8/2016
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Journal Entry 1 by wingeljwing from Paris, Ile-de-France France on Monday, February 08, 2016
Circul'Livre Place Sans-Nom

Released 1 yr ago (9/9/2018 UTC) at Quelque part à Saint-Rémy in Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Ile-de-France France

WILD RELEASE NOTES:

Chemin de fer tout rouillé, derrière le 2e bidule.

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Animal Challenge 2018

Journal Entry 3 by wingC-Maupinwing at Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Ile-de-France France on Monday, September 10, 2018
Il a l'air intéressant, mais aurai-je le courage de le lire ?

Journal Entry 4 by wingC-Maupinwing at Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Ile-de-France France on Friday, February 01, 2019
Eh bien, je l'ai lu et en suis ravie.
Ce livre est passionnant, facile à lire, plein d'anecdotes et d'humour.
Il montre comment la morale, notre sens des valeurs, peuvent être aussi considérés comme un produit de l'évolution, comment nous partageons avec nos cousins les grands singes l'empathie, le sens de l'équité.
L'auteur a particulièrement étudié les bonobos, singes bien sympathiques, pratiquant le matriarcat et désamorçant les conflits par de libres pratiques sexuelles, "faites l'amour pas la guerre".
Mais il nous parle aussi de chimpanzés et de bien d'autres mammifères remarquables, essayant de tirer une philosophie de toutes ces études, avec beaucoup d'humanisme et de tolérance. Même si je ne partage pas toutes ses conclusions, j'ai beaucoup apprécié sa démarche.

Journal Entry 5 by wingC-Maupinwing at Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Ile-de-France France on Sunday, July 07, 2019
Commentaire de Gérard :
L’empathie (possibilité de se confondre (partiellement) avec les autres et de ressentir leurs sentiments (neurones miroirs ; processus automatique). Trois niveaux : adoption du point de vue de l’autre, consolation, contagion émotionnelle. ) chez les animaux :

Les mammifères sont sensibles à leurs émotions mutuelles. Diverses expériences montrent l’existence effective de l’empathie chez les animaux (primates, canidés, éléphants) (par exemple : aide aux plus faibles, préférence du « jeton social » même pour les dominants…). L’empathie est très présente chez les bonobos.
Les primates, les néandertaliens et les premiers humains prenaient soin des handicapés.
Les bonobos ont réduit la violence des chimpanzés selon trois niveaux (relations entre sexes, entre mâles et entre communautés) où les rapports sexuels (qui deviennent des activités de routine !) remplacent les affrontements. La société bonobo défend les plus vulnérables.
Aversion pour l’iniquité (des singes — ou des chiens — en voyant d’autres obtenir mieux pour la même chose, se « mettent en grève » !).
Nombre d’expériences montrent également les capacités de coopération des animaux. En particulier la chasse et le partage de la viande sont les racines de la sociabilité des chimpanzés comme ils ont été le catalyseur de l’évolution humaine. À la base un langage du corps, comme effet et manifestations de gratitude. Possibilité de collaboration également chez les éléphants (corde à tirer à deux ; possibilité de « tricher »).

Les neurones miroirs (comme les émotions) existent chez les singes et d’autres animaux qui préfèrent ceux (éventuellement humains) qui les imitent à ceux qui ne les imitent pas. Empathie plus forte pour la famille ou les membres du même groupe que pour les étrangers (chez les humains comme chez les animaux).
Les grands singes régulent et apaisent mutuellement leurs angoisses. C’est une réaction émotionnelle de base présente même chez les tout petits. Les grands singes ont des possibilités de planification.
Superstition. Il y a des réalités qui existent et d’autres auxquelles nous aimons croire.

Science
La science n’est pas concernée par le sens de la vie mais par la compréhension de phénomènes réels. Absence de preuve n’est pas preuve d’une absence.
Les scientifiques sont motivés par des biais de confirmation (nous adorons les preuves qui soutiennent nos idées) et des biais de non-confirmation (nous dénigrons celles qui contredisent notre pensée). Forte résistance, même chez les scientifiques, aux idées neuves. Les scientifiques ne sont guère plus rationnels que les croyants car nous ne pouvons penser sans émotion.
Explication neurobiologique des expériences de mort imminente : une région du cerveau, la jonction temporo-pariétale, rassemble des informations venues de plusieurs sens pour élaborer une image unifiée de notre corps et de sa place dans son environnement. Si cette zone est endommagée, l’image corporelle est perturbée ; ajoutée aux anesthésiants, cela explique ces erreurs de perception.
La recherche scientifique n’est apparue que dans assez peu de sociétés humaines tandis qu’on trouve des religions dans toutes (acquises d’ailleurs beaucoup plus facilement que la culture scientifique [30 ans pour arriver à une thèse !]) ; même chose pour un ordre hiérarchique.
La religion est beaucoup plus statique que la science d’où ses difficultés avec les dossiers en évolution.

Journal Entry 6 by wingC-Maupinwing at Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Ile-de-France France on Sunday, July 07, 2019
Commentaire de Gérard (suite) :
Science et religion
[Spinoza a cristallisé ses idées en un Dieu impersonnel ; sa vision du monde est rationaliste et les Ecritures ne représentent pas la parole de Dieu mais seulement l’opinion de simples mortels humains. Einstein souscrivait au Dieu de Spinoza]
La conscience de la mort est-elle une des raisons qui nous ont amené à élaborer la religion ? Certains animaux, les grands singes et les pachydermes notamment, savent quelque chose à propos de la mort, mais quoi exactement ? En tout cas ils ont plus ou moins conscience de sa permanence.
Impossible de savoir à quoi ressemblerait la morale sans la religion (aucune culture n’existe sans). Tout ce qui a été fait — de l’architecture à la musique, de l’art à la science — s’est développé main dans la main avec la religion (base de notre culture) mais, les éléments de base de la morale sont plus anciens que l’humanité et la religion n’est pas nécessaire pour l’expliquer.
Pourquoi l’évolution a-t-elle créé la religion ? Au cours des grandes pestes qui ont ravagé l’empire romain les chrétiens s’en sont mieux sortis que les Romains ; ils aidaient leurs amis et parents tandis que les Romains les fuyaient. Mais, la comparaison n’est pas très bonne : les romains étaient aussi très religieux et les chrétiens étaient une minorité persécutée.
Les pratiques coordonnées créent des liens très forts. L’adage « agir ensemble améliore les relations » se retrouve aussi chez les grands singes. D’où un objectif social (et non surnaturel) des religions.
Hypothèse : la morale est antérieure à la religion. Cette dernière serait devenue nécessaire pour réaliser une « surveillance » lorsque l’échelle de la société a crû. Dieu ne nous a pas appris la morale, il a été mis en place pour nous aider à vivre comme nous estimons devoir le faire.
Diverses expériences de choix avec des amorçages religieux ou des amorçages civiques donnent des résultats équivalents avec, probablement des raisons d’agir différentes : incroyants et sentiments de compassion vs croyants et sentiments du devoir.
Par ailleurs, les tentatives pour abolir ou décourager les religions (cf. Staline, Mao ou Pol Pot) ont eu des effets désastreux. On ne peut par la force réduire le rôle de la religion; il faut évaluer l’héritage qu’elle nous apporte (même si on le juge dépassé) et mettre plus l’accent sur les potentialités humaines.
Loin de nous donner les lois morales, les religions ont été inventées pour les soutenir ; elles se sont approprié des valeurs humaines universelles. Nous sommes réceptifs aux discours de la religion parce que l’évolution nous a permis de comprendre la valeur des relations, les bienfaits de la coopération, la nécessité de la confiance et de l’honnêteté… Comme nous, les animaux favorisent certains comportements et réagissent par la peur ou la violence à toute déviance ; il est faux de supposer que ce sont des impulsifs sans contrôle sur leurs élans (même s’ils n’ont pas de notion du bien et du mal). Les principaux ingrédients d’une société morale ne nécessitent pas la religion : ils viennent de l’intérieur.

Origines de la morale
La morale humaine se développe à partir de la sensibilité aux autres et de la prise de conscience que, pour jouir des bienfaits de la vie collective, il nous faut faire des compromis et prendre en considération les autres.
La dualité bon-mauvais chez chacun de nous explique 1) la nécessité de règles morales et 2) la possibilité qu’elles servent effectivement. D’où l’importance de l’altruisme (qui est loin d’être un réflexe génétique). Il y a toujours un combat entre pulsion (instinct) et désir d’action. D’où le rôle des règles sociales, soutenues par deux facteurs : l’empathie et la peur de sanctions, petit à petit intériorisées.
La morale ne peut contenir des règles impossibles à respecter (devoir implique pouvoir) ! Elle n’est pas un simple reflet de la nature humaine (on ne peut déduire les règles morales de ce que nous sommes [être ≠ devoir-être (Hume)]).
Nous parvenons à nos décisions morales par des processus intuitifs et émotionnels (et non par des raisonnements purement logiques). [La morale n’est pas un vernis autour d’une nature humaine a priori mauvaise et égoïste]. L’évolution n’a pas produit l’altruisme parce qu’il est payant, mais celui-ci relève d’une pulsion bienveillante (humaine et animale).
La sélection naturelle peut produire des structures d’une immense complexité sur le plan physique ; pourquoi n’agirait-elle pas sur la loi morale de la même façon, ce qui implique l’absence d’un plan directeur logique. Il est impossible de désenchevêtrer une prise de décision rationnelle des prédispositions mentales, des valeurs subconscientes, des émotions et du système digestif. Selon la science cognitive, les rationalisation s’effectuent surtout a posteriori (exemple des juges plus indulgents après le déjeuner qu’avant).

L’auteur s’oppose à l’idée que la morale est élaborée à partir de rien, grâce à une réflexion rationnelle, en soutenant qu’elle vient d’impulsions issues de notre réalité profonde d’animaux sociaux. La morale traite du bien et du mal à un niveau abstrait, indépendant de la situation concrète de l’individu.
L’auteur soutient une morale « venue d’en bas ». Celle-ci met les émotions aux commandes et postule deux niveaux fondamentaux : l’un concerne les relations interpersonnelles et l’autre la communauté. Le premier implique que l’on comprend l’impact que notre comportement a sur l’autre. Ce niveau, fondée sur les émotions, est partagé avec d’autres animaux sociaux, qui développent des inhibitions et des codes de conduite semblables aux nôtres. L’objectif du second niveau est l’harmonie au sein de la communauté ; plus spécifique de la morale humaine. Les règles morales sont étroitement liées à nos modes d’organisation et ne reflètent pas une nature humaine immuable. Elles ne peuvent donc pas être les mêmes partout !
[principes venus d’en haut] Les Dix Commandements ne sont pas non plus pertinents (les cinq premiers demandent une allégeance exclusive et le respect des aînés ; les suivants sont du type « tu ne feras pas ») ; ils sont une preuve manifeste que la religion est de fabrication humaine ! Les lois laïques les plus populaires ne sont guère plus valables ; la règle d'or « agis envers les autres comme tu voudrais qu'ils agissent envers toi » peux rencontrer beaucoup de contre-exemple (par exemple attaquer une femme séduisante ou servir de la viande à un végétarien). Une seconde règle, visant le bonheur du plus grand nombre ou cherchant à être le plus efficace (utilitarisme), n’est guère plus valable. Une certaine morale et un certain souci de la communauté sont présents chez certains animaux, en particulier les grands singes, qui conservent une certaine mémoire des événements marquants.
Les animaux ont un certain sentiment de ce qui doit être. Les corrections sont normatives. La morale, qui est normative aussi, concerne l’inspiration des mammifères sociaux à des relations harmonieuses. Ils évitent le conflit chaque fois qu’ils le peuvent. La morale nait de valeurs bien ancrées depuis très longtemps, elle n’est ni imposée d’en haut, ni déduite de principes raisonnés. La valeur la plus fondamentale dérive des actions de la vie collective pour la survie, valeur que les primates sociaux partagent avec nous. Pendant les jeux les petits apprennent les règles de base de ce qui est acceptable pour les autres ; ils fixent les codes de conduite en société et détermine ce qui est autorisé et ce qui est interdit. L’existence de ces codes à quelque chose à voir avec l’évolution de la morale. Le besoin d’équité résulte de l’émotion naissant des inégalités et du besoin de préserver l’harmonie (jeu de l’ultimatum ou récompenses par concombres et raisins). Mais, chez les grands singes, la sensibilité à l’équité ne fonctionne qu’en association avec l’effort et les récompenses ; et même les bénéficiaires y sont sensibles.
Cause ? Les trois espèces les plus allergiques à l’injustice — les chimpanzés, les capucins et les canidés — adorent la viande et chassent en groupe.
Chez l’homme, il y a en plus l’anticipation de ce qui pourrait arriver si on laisse les autres mal se conduire (capacité d’imaginer son impact sur l’intérêt général). La morale sert à étendre les bienfaits de la vie de groupe et à empêcher toute exploitation. Mais, malgré certains progrès (par exemple : convention de Genève), nous avons évolué en animaux sociaux, pas encore en citoyens du monde (les codes moraux sont valables au sein du groupe restreint : intérêts essentiels pour la famille et les amis, difficulté à accepter certaines cultures étrangères…).

Journal Entry 7 by wingC-Maupinwing at Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Ile-de-France France on Wednesday, July 10, 2019

Released 3 mos ago (7/10/2019 UTC) at Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Ile-de-France France

CONTROLLED RELEASE NOTES:

En espérant qu'il te plaira. Bonne lecture

Journal Entry 8 by wingKundriwing at Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Ile-de-France France on Wednesday, July 10, 2019
Merci de m'avoir proposé cet essai, C-Maupin. Je pense qu'il me plaira au vu du sujet. Si j'ai poursuivi des études de biologie, c'est avant tout parce que j'aimais la nature et l’éthologie. Même si d'un point de vue professionnel, j'ai ensuite dévié vers la génétique moléculaire puis le droit...

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