Un miracle en équilibre

by Lucía ETXEBARRIA, Nicolas VÉRON | Literature & Fiction |
ISBN: 2264042699 Global Overview for this book
Registered by Cyr11 of Estoher, Languedoc-Roussillon France on 11/13/2014
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Journal Entry 1 by Cyr11 from Estoher, Languedoc-Roussillon France on Thursday, November 13, 2014
Quatrième de couverture :
"Loin des clichés, Lucía ETXEBARRIA livre, à travers cette longue lettre d'une jeune mère à sa fille, une réflexion jubilatoire sur la féminité actuelle. Tour à tour drôle, piquante et poétique, elle lui parle des désirs multiples et parfois contraires qui tiraillent le cœur de la femme moderne : être indépendante, attirante, active, aimante exemplaire, l'une après l'autre ou toutes à la fois. Elle lui parle aussi de ses doutes d'écrivain, de l'inspiration capricieuse et de la cavalcade impatiente des idées et des mots. Ce roman bourré d'humour et d'émotion a reçu le prestigieux prix Planeta, équivalent espagnol du prix Goncourt."

En première année d'école d'infirmières, nous devions réaliser une fiche de lecture. Ce roman était dans la liste des livres que nous pouvions choisir. À joindre l'utile à l'agréable, je l'ai sélectionné et n'ai pas été déçue. Malgré un style décousu, l'auteur est drôle et nous fait aimer son histoire de jeune maman plus elle avance dans la narration. Je pense que j'aurais été d'autant plus touchée si j'avais été également maman.

J'ai sélectionné de nombreuses phrases qui m'ont marquée :
* "Et une fois de plus, je me demande comment , alors que nos impôts sont les plus élevés d'Europe, on peut dépenser notre argent à envoyer des troupes dans un pays qui ne nous a rien demandé, au lieu de régler les questions de santé publique ou de faire en sorte que tu puisses aller à la garderie."
* "Les gens aiment voir apparaître une vie nouvelle, mais ils ne supportent pas de voir la mort de près : cela leur rappelle trop l'inévitabilité de la leur."
* "Fernando Pessoa a écrit qu'être pessimiste, c'est prendre les choses au tragique, attitude qui est à la fois une exagération et une incommodité."
* "-La vie elle-même est un miracle, conclut le vieux. Un miracle en équilibre."
* "Il suffit de passer un moment à regarder la télé, ou à feuilleter un magazine de mode, pour se retrouver avec une dépression puissance quinze, convaincue qu'on ne sera jamais assez mince, assez élégante, assez riche. Assez rien."
* "Il faut parfois renoncer au passé pour jouir du présent. L'oubli répond à une logique économique, c'est un procédé qu'adopte la vie pour se libérer de l'angoisse et poursuivre son chemin, un subterfuge paresseux et pourtant fécond, comme si l'esprit se mettait en jachère pour pouvoir semer de nouveaux plants par la suite".
* "J'ai repensé à ce que disait Canetti, à moins que ce ne soit Ortega, sur l'individualité qui se fond dans la masse car l'individu, quoi qu'il ressente en vérité au fond de lui-même, tend à régler son pas sur celui du groupe, de sorte que l'on doit toujours présumer l'insincérité des sentiments collectifs."
* "Je me suis rendu compte qu'on ne peut pas passer sa vie à essayer d'être comme ses parents veulent qu'on soit, ni à leur reprocher d'être ce qu'on est devenu. Mais à rester enfermé dans l'enfance on ne grandit pas, et à ne pas grandir on ne devient jamais une personne à part entière, on reste un simple appendice de sa maman, suspendu à son approbation et redoutant son mépris."

Journal Entry 2 by Cyr11 at Libération contrôlée, -- By post or by hand/ in person -- France on Saturday, November 15, 2014

Released 9 yrs ago (11/15/2014 UTC) at Libération contrôlée, -- By post or by hand/ in person -- France

CONTROLLED RELEASE NOTES:

Ce livre est désormais réservé pour une occasion spéciale :)

Journal Entry 3 by wingMariesgwing at Vitry-sur-Seine, Ile-de-France France on Saturday, November 22, 2014
Une lettre à sa fille... Voilà qui devrait me parler et me donner des idées (oui, pourquoi ne pas écrire une lettre à mes filles, après tout ?).
Reçu dans un superbe paquet d'anniversaire concocté à l'occasion du relais.
Rien de gélatineux dedans, que de bonnes choses fondantes :o)
Merci, Cyr11, tu me combles !

Journal Entry 4 by wingMariesgwing at Vitry-sur-Seine, Ile-de-France France on Friday, January 26, 2024
J'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ce livre.
Bon, si on fait exception des 10-15 premières pages, au style ampoulé, avec des phrases d'une page et demie, remplies de citations au lieu de pensées propres à l'auteur. J'ai même failli fermer le livre au bout de quelques pages abominablement illisibles. Mais j'ai tenu le coup et je ne le regrette pas.
J'ai beaucoup beaucoup aimé ce roman. Je précise roman parce que jusqu'à la dernière page, celle des remerciements, j'ai cru qu'il s'agissait réellement d'un texte autobiographique. Étrange alors que j'avais remarqué que les noms ne correspondaient pas. Mais c'était tellement criant de vérité, tellement bien construit, tellement bouleversant !

Bref, j'ai aimé ce cri d'une femme, qui dit la condition de femme. La femme objet, la femme malmenée, la femme fatiguée, et aussi la femme droguée, la femme qui a besoin d'oublier. Mais aussi la femme qui ne parvient pas à être la femme parfaite souhaitée par la société.
J'ai aimé son parcours, sa relation avec sa fille qu'elle aime par-dessus tout mais à qui elle ose dire à quel point parfois c'est dur d'être maman. J'ai aimé sa relation qvec sa famille, si difficile, mais si réaliste. Et puis ces hommes qui l'utilisent, la malmènent sans qu'elle soit capable de voir le schéma qui se répète.
Ce cri de douleur mais aussi cette aspiration à une vie meilleure. Et le refus de tout nimber de beauté, de rêve et d'idylle.
Juste la vie, crue, acide mais aussi bonne à croquer.

Bref, j'ai aimé.

Journal Entry 5 by wingMariesgwing at Vitry-sur-Seine, Ile-de-France France on Friday, January 26, 2024
Page 390 :
Je sais que, quand tu seras grande, tu me jugeras peut-être de la même façon qu'un jour j'ai jugé mon père, et j'en suis terrifiée d'avance, car je me dis que si mes parents n'ont pas su agir autrement, il est plus que probable que moi non plus je ne saurai rien te transmettre de valable, que je commettrai les mêmes erreurs et déverserai sur toi mes angoisses et mes frustrations, que je ne saurai pas contenir mes accès de mauvaise humeur, cacher mes doutes et mes névroses, être pour toi le refuge et la consolation dont tu auras besoin. Il est plus que probable qu'un jour tu me mépriseras quand tu liras que je t'ai conçue comme un appui pour vivre, qu'avant même ta naissance je t'ai utilisée.
(Terrifiant en effet)

Pages 404-405 :
Je voudrais que tu comprennes que lorsqu'on décide de cesser d'être fille ou sœur de quelqu'un, lorsqu'on ose énoncer son nom, rien que son nom, sans complément ni préposition, alors seulement on devient une personne à part entière, et je veux aussi que tu comprennes pourquoi, en un sens, la mort de ma mère m'a préparée à être mère à mon tour et m'a obligée à suivre une ligne droite au lieu de continuer à errer en cercle autour de mon seul nombril. Car j'avais le droit de me détruire tant que je restais seule - après tout je n'aurais emporté personne dans ma chute - mais je ne l'avais plus dès lors que je portais sur mes épaules le poids d'un être que j'aurais entraîné avec moi dans l'abîme. En m'obstinant à être celle que les autres veulent que je sois, une victime, une folle, une souffre-douleur, je ferais de toi ce que ma mère a fait de moi : une imitation.
Frustrée par ton impuissance à m'aider, étouffée par la compassion et le remords né de ta haine, tu commencerais par me haïr, puis tu finirais par m'imiter et par devenir, sans t'en rendre compte, une victime de plus, créée par moi à mon image et ressemblance, une femme qui se laisse écraser par la botte verbale du premier venu. C'est la logique du vampire : qui est mordu mordra à son tour. Et je ne veux pas lui obéir. Je ne me suis jamais aimée, Amanda, et c'est pourquoi j'ai tenté de répandre sur toi cet amour que je n'ai jamais réussi à répandre sur moi-même.


Page 405 :
On ne peut pas changer de passé, mais on peut changer d'attitude envers lui, réagir autrement face aux souvenirs et face au présent. Ce que j'ai appris, c'est que j'ai non seulement le droit d'être heureuse, mais surtout, depuis que tu es née, le devoir de l'être.

Page 407 :
Je veux qu'en tout état de cause tu saches que je me suis promis et que je t'ai promis, même si tu ne peux me comprendre ni savoir ce que je suis en train de te raconter, de ne faire de toi ni un appendice de ma personne, ni le véhicule de mes ambitions, ni le miroir de mes vanités, de respecter tes opinions et tes goûts quand bien même ils ne correspondront pas aux miens, et de faire tout mon possible pour que tu te sentes aimée et forte.

Un hymne magnifiquement maternel et féministe tout à la fois.

Journal Entry 6 by wingMariesgwing at Vitry-sur-Seine, Ile-de-France France on Friday, January 26, 2024
Réservé BBV EDM

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