Le Cimetière des anges
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Le Cimetière des anges
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On y va ! Pourquoi ai-je eu devant les yeux, pendant les vingt-trente premières pages de ma lecture, des images cinématographiques tout droit sorties du film "Le nom de la Rose" ? Est-ce dû à la couverture du livre dont les coloris sombres et le clair-obscur invitent à penser qu'on va lire un roman médiéval ? Ou bien au personnage du prêtre qui pèse de tout son poids sur le début de l'histoire ? Mais, rien à voir pourtant avec "le Nom de la Rose" (le roman). Le Cimetière des anges , pour moi, c'est un roman médiéval, et pas seulement à cause des couleurs de la (magnifique) illustration de couverture. Au début du roman, la guerre reste une guerre intemporelle (j'ai pensé souvent que sa peinture pouvait rappeler celle de la guerre de Trente Ans) et donc mystérieuse jusqu'à la page vingt-sept...A partir de là, on a beau savoir que c'est la guerre de 14-18 qui fait rage, on ne peut s'empêcher de se croire toujours quelques siècles plus tôt... D'abord à cause du verbe, et du style tendu, inspiré, qui m'a rappelé Bernanos, et en de nombreux endroits carrément incantatoire et même halluciné, faisant alors penser à Montherlant. Mais surtout à cause du déploiement symbolique des personnages dont finalement, si on fait le compte, pas un n'échappe au dédoublement ! Agnes (l'"Ange" anagramme qui les symbolise tous) meurt à la fin comme les autres après avoir subi une vampirisation d'autant plus troublante qu'elle est onirique, et l'abbé se voit sommé par son Dieu en personne de renoncer à toute tentative de sauver à nouveau une âme perdue... On se doute alors que l'histoire n'est pas terminée, qu'on vient d'en lire un petit épisode seulement, et qu'il appartient, cet épisode médiéval, à l'histoire éternelle et universelle de la tentation, de la chute et du rachat. On sait après avoir lu la fin et vu le sourire divin, qu'un autre prêtre sauveur recommencera, en d'autres temps et dans un autre langage, à essayer de se sauver lui-même en sauvant autrui, et que le prochain épisode sera peut-être lui aussi écrit dans une langue qui aura alors été à son tour oubliée... Voilà, telle a été ma "vision" de ce roman surprenant et beau. Et quelle surprise, le contraste entre l'Arnaud57 du forum, brillant et léger, et l'auteur vibrant et torturé du Cimetière des Anges !... Je dois ajouter que ce n'est pas à mon avis un livre facile à lire, ce que j'ai dû faire deux fois avant de me sentir capable de mettre en mots mes impressions. P.S. Hé hé, j'ai quand même relevé une -petite- erreur (à cause de mon origine catalane et provençale !) : page 28, la Coupo Santo n'est pas un air traditionnel du Languedoc, c'est carrément l'hymne provençal dont les paroles ont été écrites par le félibre Frédéric Mistral. |
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Released 5 yrs ago (10/5/2006 UTC) at Salon de thé - Sur la route de Samarkande in Aix-en-Provence, Provence-Alpes-Côte d'Azur France WILD RELEASE NOTES:
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